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Articles blogs et sites | « J'ai servi Pétain : le dernier témoin » par Arnaud Benedetti

www.atlantico.fr : un vent nouveau sur l'info
Articles du 31 décembre 2014




www.lafringaleculturelle.com : interview Paul Racine et Arnaud Benedetti
Interview du 8 juin 2015




Articles blogs et sites | « Un préfet dans la Résistance » par Arnaud Benedetti

www.39-45.org - Le Monde en Guerre, le forum de la Guerre Mondiale
Article du 29 janvier 2013

Voici une biographie en hommage à Jean Benedetti signée par son neveu Arnaud. Une démarche d'autant plus touchante que le préfet Benedetti, en poste à Vire, Dunkerque, Montpellier et Avignon pendant la Seconde Guerre Mondiale fut un grand résistant, décédé en 1981, qui n'écrivit jamais rien sur son engagement. Radical-socialiste, ancien chef de cabinet d'un ministre du Front Populaire, Benedetti apparaît ambitieux, humain, courageux et habile.
D'emblée, lui et sa femme, Odette, choisissent leur camp. En juin 1940, l'épouse du sous-préfet de Vire organise une filière d'évasion pour les prisonniers français. l'ami du couple, le docteur Abraham Drucker, père de Michel (le présentateur omniprésent des dimanches sur France2), a rendu hommage à l'action d'Odette qui ne concernait pas uniquement les prisonniers : "Je n'oublie pas non plus ce train de ravitaillement soustrait aux Allemands pour la plus grande joie des habitants de Vire".
Puis après après qu'il a été sous-préfet à Dunkerque d'Avril 1941 à Janvier 1942, les Allemands exigent le départ en zone libre de ce fonctionnaire qu'ils ne jugent pas assez coopératif. Benedetti obtient à Montpellier son premier poste de Préfet. Là, il travaille notamment avec l'association juive "l'Oeuvre de Secours aux Enfants" (OSE), mais aussi avec des religieux catholiques. Ensuite, en poste à Avignon, alors que son appui à la Résistance reste fort et constant, il est arrêté par la Gestapo en mai 1944, puis déporté en Bavière. il est libéré en Avril 1945 par les Américains.
Un livre touchant, à lire !

toutelaculture.com - Un préfet dans la Résistance : portrait documenté de Jean Benedetti
Article du 28 janvier 2013

Ancien collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale et au Parlement européen, professeur à Paris IV et responsable de la communication de l’INSERM, Arnaud Benedetti est allé fouiller dans les archives à la fois familiales et nationales pour dresser le portrait de son oncle : le Préfet Jean Benedetti (1902-1981). Un livre qui parvient à être à la fois passionné et parfaitement historique, familial et néanmoins universel dans les questions qu’il pose sur les mécanisme et les éclairages divers de la Résistance. A découvrir chez CNRS éditions.

D’origine, corse, élevé en Algérie, marchant dans les pas de son frère quand il embrasse la carrière juridique, Jean Benedetti entre en politique jeune et monte doucement les échelons de l’administration : chef de Cabinet de Fernand Leroy à Perpignan, Vanne et Colmar avant d’entrer dans « la préfectorale » comme secrétaire général dans le Cantal. A l’orée de la guerre, il est sous-préfet à Vire et proche du père de Michel Drucker, Abraham. Il est ensuite muté comme sous-préfet à Dunkerque, juste après la catastrophe pour sa finesse et sa loyauté…Nommé comme préfet délégué de l’Hérault, à Montpellier en pleine guerre, en 1942, il prête serment au maréchal en présence de Darlan et Pucheu, ce qui ne l’empêche pas d’entrer en résistance, à ce poste, puis à celui de préfet du Vaucluse qu’il occupe en Avignon à partir de 1944. Aidé des ses adjoints Camille Ernst et Roger Fridrici, il protège certains résistants et sauve plusieurs centaines d’enfants. Arrêté en même temps que d’autres préfets, soupçonné de défendre Laval contre Déat, Jean Benedetti est déporté à Flossenburg. Quand il en revient, il est l’un des rares préfets à ne pas subir de sanction parmi les 275 hauts administrateurs qui ont servi l’État de Vichy. Il est nommé à Dijon et fait Grand officier de la légion d’honneur et croix de guerre, bien après la guerre. Sa carrière continue de progresser, remplie d’honneur (avec sa femme, Odette ils reçoivent même la jeune Elizabeth II en 1957 lorsqu’il est en poste dans le Nord) jusqu’à la préfecture de la Seine qu’il garde de 1958 à sa retraite en 1963. Président des Charbonnages de France, il refuse néanmoins de se présenter aux sénatoriales de 1968, se considérant au service de l’État et non homme politique.

Retraçant le parcours exceptionnel de son oncle, Arnaud Benedetti décrit dans un style très littéraire une très belle ascension. Portrait d’un homme au service de l’État, « Un Préfet dans la résistance » insiste sur les années de Guerre. Bien sûr, la jeunesse en Algérie, les années sciences-po, l’ascension d’Entre-deux-Guerres ou les honneurs de l’Après-guerre sont présents et documentés. mais ce qui intéresse Arnaud Benedetti, à travers le portrait de cet oncle-modèle, c’est bien de comprendre à quel moment et pourquoi un fonctionnaire exemplaire cesse d’obéir aux ordres pour suivre l’éthique et les règles de conduite que lui imposent sa propre conscience. Dès l’introduction, l’auteur nous prévient : « Toute l’interrogation que suscite Jean Benedetti durant cette période consiste à comprendre comment il parvint à concilier ainsi la tenue de son poste avec une activité résistante ». Si les grandes actions du préfet sont bien rapportées, toute l’originalité du livre est bien de ne pas s’épancher sur l’émotion que pourraient susciter ses actes héroïques, mais de préférer rester dans le ligne droite de cette interrogation morale et historique. Tout en nuances et en subtilités, le portrait qui s’en dégage est d’autant plus bouleversant de droiture et d’humanité. Un très beau livre, par un vrai historien si amoureux d’Histoire que c’est en usant de la méthodologie la plus stricte de cette discipline qu’il offre le portrait le plus personnel de son oncle.

Arnaud Benedetti, Un Prefet dans la Résistance, CNRS éditions, 350p., 20 euros. Sortie le 3 janvier 2013.

Parole volée - Défendre, Affirmer, Affronter : Un Préfet dans la Résistance
Article du 12 mars 2013

Ecrit par Arnaud Benedetti, cet ouvrage peut passer soit comme un hommage d'un neveu envers son oncle, soit comme l'étude d'un chercheur sur un personnage historique, soit comme l'explication de l'attitude d'un fonctionnaire en temps de guerre qui, mal interprétée pourrait, avec le temps, apporter un peu d'eau au moulin de certains révisionnistes.
D'origine corse mais élevé en Algérie, Jean Benedetti se révèle très vite être un jeune fonctionnaire inspiré par l'aile droite du radicalisme.
Apprécié par ses supérieurs pour son analyse aigue des situations il rentre très vite dans l'habit d'un sous-préfet plein d'ambition.C'est en Normandie où la guerre le surprend qu'il découvre la situation précaire des juifs.
Son sens de l'altruisme ne rentre pas en conflit avec son sens du devoir et c'est, aidé de son épouse Odette qu'il met ses qualités au service de certains français comme à celui du gouvernement.
En 1942, nommé préfet de Montpellier, il prête serment à Vichy devant Pétain, et cet acte sera considéré comme une tache et déclenchera des doutes chez certains compatriotes sur l'ambigüité de son action malgré sa déportation.
Ce n'est que dans la correspondance de certains fonctionnaires qu'Arnaud Benedetti révèle l'action cachée de son oncle pour essayer de freiner les arrestations de juifs les sauvant ainsi d'une déportation fatale.
Le réseau « liberté » s'impose comme l'un des foyers les plus dynamiques de la résistance. On découvre ses rapports avec le Général de Lattre de Tassigny, ou avec Sabine Zlatin, la célèbre Dame d'Ysieux.
Malgré son attitude professionnelle irréprochable en apparence, Jean Benedetti commence à devenir suspect aux yeux de Vichy, de même que paradoxalement il suscite une certaine méfiance dans les cercles les plus collaborationnistes.
Dénoncé par la milice pour son soutien à la résistance et aux NAP (Noyautage des Administrations publiques) dont il est l'un des correspondants ,c' est à son nouveau poste à Avignon qu'il est arrêté en 1944. Il sera déporté à Flossenburg avec de nombreux autres préfets victimes d'une purge au sein de l'administration.
De retour de captivité il sera le premier préfet à retrouver un poste, et bien que les avis favorables s'accumulent, un doute persistera sur son attitude et ses sentiments profonds.
Si les documents et courriers officiels ont été trouvés et produits par son neveu, aucune preuve écrite relate les sentiments personnels de Jean Benedetti.
Certes, cette période durant laquelle régnaient délation et suspicion n'était pas favorable à de tels témoignages, mais on aurait pu s'attendre à ce que, une fois la guerre terminée, le quotidien reprenant relativement normalement, on ait pu trouver dans la correspondance de Jean ou Odette Benedetti une narration ou même une évocation de ce passé...
Cependant, il faut noter que dès la fin de la guerre, ce sont les institutions juives qui louent son rôle, notamment le centre de documentation juive qui salue dans un opuscule de 1947 son action déterminante avec ses collègues Ernst et Fridici, dans le sauvetage des populations pourchassées.
Après la guerre, à son nouveau poste, face aux problèmes économiques chroniques du moment, il se trouve confronté à une nouvelle génération de fonctionnaires craintifs et soupçonneux.
Sa correspondance officielle laisse transpercer désillusion, amertume et pessimisme, reflet de toute une population traumatisée qui semble incomprise.
Les procès d'épuration ne font que renforcer cette atmosphère. Il faut attendre le Général de Gaulle qui le nommera Préfet de la Seine pour que Jean Benedetti retrouve toute l'attitude due à la conception de son métier.
Jean Benedetti représente l'idéal du fonctionnaire qui a su traverser trois régimes et une guerre mondiale donnant l'apparence d'une personne toujours à l'aise dans sa fonction.